La façade conçue par l'architecte Philippe Chiambaretta/PCA pour le Centre de Création Contemporaine de la ville de Tours agit comme une fonction communicante. Un signe d'appel à partir d'une forme virtuelle qui oscille entre effets optiques et physiques.
Le Centre de création Contemporaine de la ville de Tour s'est revêtu d'une nouvelle peau translucide : une façade conçue par l'architecte Philippe Chiambaretta/PCA. Composée de plus de 150 lames de plexiglas, toutes en plis et rondeur, elle prend la forme d'une vague translucide dessinant un paysage discontinu et mobile. Chacune de ces lames est éclairée par des diodes électroluminescentes créant un jeu de réverbération. L'architecte a conservé la façade existante du bâtiment en ajoutant un voile atmosphérique oscillant entre effets optiques et physiques, propres à une technologie nouvelle. Sa réalisation en façade déploie, sur un lieu de passage, un univers proche de l'art cinétique ou de l'Op'art.
Pour un coût global s'élevant à 180.000 €, cette façade apporte une visibilité innovante à ce bâtiment sans caractère, ainsi qu'une identité forte et efficace dans son rôle d'interface communicante entre la rue et l'intérieur.
Il est symptomatique de notre époque que l'architecture s'apparente à une oeuvre d'art. Ainsi en 2004, l'exposition manifeste ArchiSkulptur, conçue par Markus Brüderlin, confronte architecture et sculpture, du XVIIIème siècle à nos jours (fondation Beyeler à Bâles et fondation Guggenheim à Bilbao), et démontre que l'architecture tend, aujourd'hui, à se transformer en objet plastique.
Ainsi dans le domaine du luxe, il est significatif qu'une maison comme Hermès ait choisit d'habiller la façade du magasin de Wall Street en l'emballant comme un cadeau. La maison Louis Vuitton, elle, a transformé son magasin des Champs Elysées en une gigantesque valise. L'architecture, en servant de réceptacle à des décors spectaculaires et monumentaux, s'offre en pôle d'attraction et investit une fonction communicante efficace.
Le réaménagement de la façade de CCC de Tours a été financé en parité par le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Centre, la Ville de Tours et EDF, ainsi que les établissements Blanchet d'Huismes SA pour le mobilier. Cette réalisation affiche une pluridisciplinarité en réunissant les compétences d'ingénieurs, de designers et de plasticiens.
Une plateforme de liaison et de recherche entre le monde de la création et celui de la production.
Jeanette Zwingenberger Critique d'art Publié le 20/09/2007
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